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2. Canada et provinces

Aperçu

Les dépenses du gouvernement fédéral dans l’éducation postsecondaire représentent encore 0,2 % du PIB. Cette stagnation se répercute sur les orientations de chaque province en matière de droits de scolarité et de dépenses. Même si le niveau de financement de l’éducation postsecondaire varie d’une province à l’autre, on remarque une dépendance générale de plus en plus forte à l’égard de sources privées, particulièrement les droits de scolarité des étudiants étrangers, pour pallier l’insuffisance du financement. Cette section présente aussi des données sur la rémunération des recteurs, auxquelles s’ajoutent, pour la première fois, des données sur le secteur collégial.

Tableaux

2.1 Transferts fédéraux en espèces pour l’enseignement postsecondaire (% PIB)

Les transferts fédéraux en espèces pour l’enseignement postsecondaire au Canada, exprimés en pourcentage du PIB, sont passés de 0,5 % en 1983-1984 à 0,19 % en 2018-2019. Le financement fédéral est resté inchangé malgré la forte progression de l’effectif d’étudiants au cours de la dernière décennie.

2.2 Dépenses des gouvernement provinciaux (fonctionnement général) pour l'enseignement postsecondaire (% PIB)

Le niveau des dépenses de fonctionnement général consacrées pour l’éducation postsecondaire diffère sensiblement selon les provinces. En 2017-18, les transferts provinciaux pour le fonctionnement général les plus élevés étaient ceux de Terre-Neuve-et-Labrador (1,4 %), de la Nouvelle-Écosse (1,4 %) et du Québec (1,3 %), tandis que les plus bas étaient enregistrés en Colombie-Britannique (0,8 %en Ontario (0,7 %) et en Alberta (0,7 %).

2.3 Dépenses (de fonctionnement ) du gouvernement provincial pour l’enseignement postsecondaire en proportion des dépenses totales

Dans 9 provinces sur 10, les dépenses de fonctionnement du gouvernement provincial pour l’enseignement postsecondaire en proportion des dépenses totales ont diminué depuis 2010-2011, ayant passé d’une moyenne de 4,5 % en 2010-2011 à 4 % en 2017-2018. Bien que les dépenses du gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador pour l’EPS aient atteint un sommet en proportion des dépenses totales en 2014-2015 (6,6 %), elles ont aussi commencé à décliner depuis (6 % en 2017-2018).

2.4 Financement du gouvernement provincial par ETP (2017 $)

Au cours de cette période de 15 ans, le financement moyen par étudiant équivalent temps plein (ETP) a diminué de 0,5 %, bien que ce résultat masque des variations sensibles entre les provinces. Le financement par ETP a progressé sensiblement à Terre-Neuve-et-Labrador (68 %), au Nouveau-Brunswick (28 %) et en Nouvelle-Écosse (27 %), en Alberta (12 %) et en Saskatchewan (11 %), mais a diminué considérablement en Colombie-Britannique (19 %), au Manitoba (5 %) et au Québec (4 %). Quant à l’Ontario, où sont inscrits presque 40 % de tous les étudiants au Canada, le financement était stagnant à 1,8 %.

2.5 Revenus et dépenses des universités, 2017-2018

Ce tableau indique les revenus et les dépenses des universités pour l’année académique 2017-2018.

2.6 Revenus et dépenses des universités, 1977-1978 à 2017-2018

La composition des revenus et des dépenses des universités canadiennes a considérablement changé au cours des dernières décennies. En 1977-1978, les subventions et les contrats publics représentaient 75 % de tous les revenus des universités. Ce pourcentage a diminué à un rythme constant dans les décennies suivantes jusqu’à s’établir à 47 % en 2017-2018. Dans la même période, les droits de scolarité ont occupé une place de plus en plus grande dans les revenus des universités : représentant 10,4 % des revenus en 1976-1977, leur part a augmenté régulièrement et atteint 28,2 % en 2017-2018. D’autres sources de revenus privées, comme les legs, les dons, les subventions autres que les subventions publiques et les revenus de placement ont aussi été à la hausse pendant cette période. S’agissant des dépenses, le pourcentage des dépenses engagées au titre des salaires et des avantages sociaux a baissé au cours des dernières décennies. Ce poste représentait 69 % des dépenses totales en 1977-1978, mais seulement 58 % en 2017-2018.

2.7 Revenus et dépenses des collèges communautaires, 2001-2002 à 2017-2018

Ce tableau indique les revenus et les dépenses des collèges communautaires pour les années 2001-2002 à 2017-2018. Comme c’est le cas dans les universités, les frais de scolarité dans les collèges communautaires ont augmenté considérablement au cours de la dernière décennie.

2.8 Ratio d’effectif ETP universitaire – corps professoral à temps plein, selon la province

Ce tableau indique le ratio d’effectif étudiant ETP universitaire – corps professoral à temps plein, selon la province. L’Ontario est la province où le rapport étudiants-enseignants est le plus élevé, suivie de la Colombie Britannique et de l’Alberta. Le ratio moyen national étudiants-professeurs est de 25 étudiants pour chaque membre du corps professoral.

2.9 Fonds de dotation par université, 2017

Ce tableau indique la valeur des fonds de dotation des universités canadiennes au cours de l’exercice 2017. La variation en pourcentage de 2016 à 2017 reflète d’importantes augmentations des fonds de dotation dans bon nombre d’universités, certaines d’entre elles déclarant des augmentations allant jusqu’à 248 % au cours de l’année.

2.10 Rémunération des recteurs d’université, 2020

En 2020, les recteurs de l’Université de McGill (860 971 S), l’Université de la Colombie-Britannique (611 712 S), de l’Université Western (522 683$) et de l’Université de Toronto (494 654 $) ont reçu la rémunération la plus élevée parmi les recteurs d’université au Canada.

2.11 Rémunération des recteurs de collège, 2020

Les cinq présidents de collège les mieux rémunérés en 2020 sont ceux des établissements suivants :  le Southern Alberta Institute of Technology (616 518 $), le Humber College (472 686$), le Seneca College (417 980$), le Conestoga College (411 186$) et le Northern College (399 068$).

2.12 Niveau de scolarité des adultes, Canada et les provinces, 2021

En 2021, les deux tiers de la population canadienne âgée de 25 ans et plus avaient obtenu au moins un certificat ou diplôme d’études postsecondaires, allant d’un minimum de 60,3 % au Nouveau-Brunswick à 68,2 % en Colombie-Britannique. La proportion de Canadiens adultes ayant fait des études postsecondaires a augmenté de 19 points de pourcentage entre 2000 et 2021. En 2021, 34,7 % des adultes avaient obtenu un diplôme d’études collégiales, 21,4 % un diplôme de premier cycle, tandis que 10,4 % avaient obtenu un diplôme d’études supérieures. Dans l’ensemble des provinces, Terre-Neuve affichait le plus faible niveau de scolarité universitaire (18,7 %), tandis que l’Ontario affichait le taux le plus élevé (34,9 %), suivi de près par la Colombie-Britannique (34,7 %). Cependant, Terre-Neuve avait le plus haut niveau de leur population détenant un certificat collégial (43,6 %), tandis que l’Ontario avait le niveau le plus bas (31,9 %).

2.13 Niveau de scolarité atteint de la population adulte, selon la minorité visible, l’identité autochtone et le genre, 2016

Dans l’ensemble du Canada, le niveau de scolarité des adultes varie considérablement selon le groupe en quête d’équité, et les moyennes peuvent aussi masquer des écarts importants entre des groupes racialisés donnés. En 2016, le pourcentage des femmes (0,88 %) qui ont obtenu un doctorat était inférieur à celui des hommes (1,27 %), alors que les pourcentages des femmes qui détenaient une maîtrise (6,7 % contre 6,0 %) et un certificat ou diplôme d’université au-dessus du baccalauréat (2,37 % contre 1,75 %) étaient plus élevés, et que le pourcentage des femmes détenant un baccalauréat était beaucoup plus élevé (22,4 % contre 17,4 %). En revanche, le pourcentage des hommes ne détenant pas de certificat, de diplôme ni de degré (y compris un diplôme d’études secondaires) est beaucoup plus élevé que celui des femmes (11,6 % contre 7,4 %). Le pourcentage des hommes détenant un certificat d’apprentissage ou de qualification était plus de quatre fois plus élevé que celui des femmes (8,3 % contre 1,7 %), ce qui reflète la longue prédominance des hommes dans le secteur des métiers.

Parmi l’ensemble des groupes de minorités visibles, la proportion globale des personnes âgées de 25 ans et plus qui n’ont pas de diplôme d’études secondaires (8,6 %) est légèrement inférieure à celle de la population totale; cette proportion varie de 1,8 % chez les Coréens à 23,3 % chez les Asiatiques du Sud-Est. De même, la proportion des Canadiens membres appartenant à une minorité visible qui détiennent un doctorat est largement supérieure par rapport à la moyenne de tous les Canadiens adultes (1,6 % contre 1,1 %), bien que le pourcentage varie de 0,18 % chez les Philippins à 4,73 % chez les Asiatiques occidentaux. Ce scénario est semblable à celui des autres grades universitaires.

Bien que, parmi l’ensemble des groupes autochtones, le pourcentage des personnes âgées de 25 ans et plus qui n’ont pas de diplôme d’études secondaires est beaucoup plus élevé que celui de la population totale âgée de 25 ans et plus (19,3 % contre 9,6 %), cette proportion varie de 14,7 % chez les Métis s’identifiant comme tels à 38 % chez les Inuits.

2.14 Revenu moyen des travailleurs à temps plein à l’année, selon le niveau de scolarité atteint et le groupe désigné, 2015

L’augmentation des niveaux de scolarité n’implique pas nécessairement une réduction des disparités salariales relevées chez les femmes, les membres des minorités visibles et les Autochtones. Les Autochtones dont la scolarisation est moins élevée gagnent un salaire considéré comme habituel pour la population équivalente dans son ensemble, mais aussi considérablement moindre que chez les titulaires de maîtrise, qui se heurtent à un écart salarial de 89 cents par dollar comparativement à l’ensemble des titulaires de maîtrise, et que chez les titulaires de doctorat, qui subissent un écart salarial de 86 cents par dollar. Les membres des minorités visibles dans leur ensemble se heurtent à un écart salarial important : les titulaires de maîtrise gagnant seulement 80 cents par dollar et les titulaires de doctorats, 88 cents. Les femmes sont parmi les plus défavorisées du fait qu’elles ont un niveau de scolarité plus faible. Les femmes détenant un certificat d’apprentissage ou de qualification ne gagnent que 55 cents par dollar, les femmes titulaires de maîtrise, 82 cents par dollar, et les femmes titulaires de doctorat, 88 cents.

2.15 Établissements d’enseignement postsecondaire agréés du Canada

Le Canada compte 148 universités publiques et privées à but non lucratif agréées (y compris des établissements et des campus affiliés, constituents et fédérés). Sur l’ensemble de ces établissements d’enseignement, 39 sont des écoles de théologie (réparties à peu près également entre le secteur public et le secteur à but non lucratif). Il n’existe aucune université privée agréée. En outre, 200 collèges publics et 32 collèges à but non lucratif et autres établissements sont autorisés à décerner des grades, des diplômes ou d’autres titres.

2.16 Emploi dans les services éducatifs, 2017

Le secteur de l’éducation fournit environ 8 % de l’emploi total au Canada. Le nombre d’emplois dans les services éducatifs en général s’est élevé à 1 278 405 en 2016-2017, une progression annuelle de 2,1 % comparable à celle de toutes les industries confondues (2 %). Plus particulièrement, 307 368 personnes travaillaient dans les universités et 122 400, dans les collèges, soit des taux de croissance respectifs de 2,8 % et de 0,6 %.

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