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Actualités / Le SAR enjoint au président turc de restaurer la liberté académique et l’autonomie

Actualités / Le SAR enjoint au président turc de restaurer la liberté académique et l’autonomie

Le réseau Scholars at Risk (SAR) conteste la destitution arbitraire de trois doyens d’une grande université turque « nommés démocratiquement » et, le mois dernier, a enjoint au président Recep Tayyip Erdoğan et aux hauts dirigeants de l’université d'annuler ces révocations injustifiées.

Le 18 janvier 2022, le conseil de l’enseignement supérieur de la Turquie a retiré le titre de doyen/doyenne aux trois membres du personnel enseignant nommés démocratiquement, selon toutes apparences en guise de représailles pour leur défense de la liberté académique et de l’autonomie des établissements d’enseignement.

« Avec la destitution des doyens, nous nous attendons dorénavant à un recrutement de haut en bas du personnel enseignant fondé sur l’allégeance politique, qui vise l’élimination des voix fortes au sein des facultés, l’entrave à la recherche et à l’avancement du personnel académique, ainsi que l’adoption d’une montagne de mesures disciplinaires à l’endroit des étudiants et membres des facultés », a affirmé Mert Arslanalp, professeur adjoint au département de science politique et de relations internationales de l’université du Bosphore.

La destitution des trois doyens de l’université du Bosphore s’inscrit dans la foulée d’une série tumultueuse d’événements, dont la décision du président Erdoğan de la Turquie de nommer Melih Bulu, un membre du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, au poste de nouveau recteur de l'université.

Précédemment, comme le stipule la loi turque, la nomination des recteurs suivait leur élection par le personnel enseignant permanent et en voie d’obtenir la permanence. Or, en 2016, à la suite d’un coup d’État raté, le président Erdoğan a promulgué un décret d’urgence retirant le personnel enseignant du processus de nomination des recteurs.

Depuis janvier 2021, le personnel académique, les étudiants et d'anciens étudiants ont organisé un mouvement de protestation marquant leur opposition à la nomination arbitraire d’un recteur choisi par le président Erdoğan pour diriger l’université du Bosphore.

Des centaines d’étudiants ont fait l’objet de détention durant les manifestations des derniers mois, et certains font face à des peines de prison.

Située à Istanbul, l’université du Bosphore est une université publique de langue anglaise financée par les deniers publics où l’enseignement s’articule autour de la pensée critique, ce qui la met en porte-à-faux avec les autorités. À la fin des années 1990 par exemple, l’université a refusé de se soumettre à une interdiction du foulard imposée par le gouvernement.

 

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