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Le mot du président / La lune de miel est terminée : les libéraux doivent livrer la marchandise

Le mot du président / La lune de miel est terminée : les libéraux doivent livrer la marchandise

par James Compton

La lune de miel est terminée. Maintenant officiellement parvenu à mi-mandat, le gouvernement de Justin Trudeau — comme tous les autres gouvernements parvenus avant eux — commence à penser à sa réélection. À ce titre, le prochain budget sera fort utile autant pour faire le bilan de la performance du gouvernement li­béral, mais aussi pour voir quelles seront ses priorités et objectifs pour les prochaines années. Et justement, quelles seront ses priorités en matière d’éducation postsecondaire?

Tous les gouvernements courtisent les électeurs. Ce n’est pas une nouvelle, me direz-vous, mais si j’étais le premier ministre, je me réjouirais de savoir que le public soutient l’éducation postsecondaire. L’automne dernier, l’ACPPU a commandé à la firme Environics un sondage pour connaître l’opinion des Canadiens sur l’éducation postsecondaire. Les résultats sont encourageants. Ce sondage a été mené en novembre 2017 dans le cadre d’une étude pluriannuelle de suivi de l’opinion publique. Il en ressort principalement que près de la moitié des Canadiens — contre le quart en 2015 — pense que le programme du gouvernement de soutien à la science et à la recherche est sur la bonne voie. Bref, la population est d’accord avec la fin de l’austérité dans le financement de la recherche qui a marqué le règne des con­servateurs. Dans son budget de 2016-2017, les libéraux ont donné un électrochoc aux conseils subventionnaires du Canada en y injectant 76 millions de dollars. La ministre des Sciences Kirsty Duncan a quali­fié cet investissement de « versement initial », et si l’on se fie à notre sondage, le public s’attend maintenant à un autre investissement majeur. Tout comme en 2015, la presque totalité des répondants — plus de 90 % — est tout à fait d’accord ou plutôt d’accord pour dire que le gouvernement fédéral devrait augmenter le financement de la recherche. C’est une bonne nouvelle.

Les fondations des conseils subventionnaires ont été fortement ébranlées pendant les dix années ou presque où les conservateurs ont délaissé la science fondamentale au profit de partenariats de recherche publics-privés porteurs de résultats immédiats. Le Comité consultatif sur l’examen du soutien fédéral à la science fondamentale, constitué par la ministre Duncan, en a fait la démonstration dans son rapport. Il a brossé un portrait sombre du financement de la science fondamentale, estimant qu’entre 2007-2008 et 2015-2016, « les ressources réellement disponibles par chercheur actif pour entreprendre de la recherche ont diminué d’environ 35 % ».

Depuis, le président du Comité, David Naylor, fait campagne pour réunir le plus d’appuis possible à la recommandation la plus importante du rapport : un appel au gouvernement fédéral pour qu’il accroisse ses investissements dans la recherche di­rigée par les chercheurs indépendants, dès maintenant, en haussant de 1,3 milliard de dollars sur quatre ans le financement de base des conseils.

Mais nous sommes d’avis qu’il faut aller plus loin. Certes, le financement direct de l’éducation postsecondaire relève des gouvernements provinciaux, mais les dé­ficits avec lesquels ceux-ci doivent composer ont été creusés en partie par le gouvernement fédéral qui, dès les années 1990, a réduit les transferts de fonds aux provinces. Selon les estimations de l’ACPPU, les transferts fédéraux pour l’éducation postsecondaire se chiffrent actuellement à quel­que 400 millions de dollars en deçà des niveaux de 1992-1993, en tenant compte de l’inflation et de la croissance démo­gra­phique. En outre, le taux d’indexation annuelle du Transfert canadien en matière de programmes sociaux, fixé à 3 %, n’intègre pas pleinement la hausse des coûts et de la demande en éducation postsecondaire — un secteur que les Ca­na­diens veulent soutenir, d’après notre sondage. Neuf répondants sur dix affirment que personne ne devrait se voir re­fuser l’accès à des études supérieures par man­que d’argent.

Le sous-financement public a aussi con­tribué au recours grandissant à du personnel académique contractuel mal rémunéré et aux conditions de travail précaires. Une enquête a estimé qu’environ le tiers des professeurs d’université occupe maintenant un emploi contractuel temporaire ou à temps partiel. Ce n’est pas ainsi que l’on soutient la communauté de chercheurs et de scientifiques.

Les Canadiens, nous l’avons dit, partagent notre vision. Huit répondants sur dix sont d’accord pour dire que la perte d’emplois d’enseignant à temps plein et la multiplication des contrats d’enseignement de courte durée nuisent à la qualité de l’éducation dans nos collèges et uni­versités. Et 80 % des répondants sont d’avis que les étudiants s’endettent trop pour payer leurs études.

Monsieur le premier ministre, pour satisfaire la population, vous devriez augmenter le financement de l’éducation postsecondaire. Voilà une initiative qui aurait l’appui de la communauté scientifique et de la population.

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