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Le mot de la présidente / Travailler ensemble pour bâtir un monde meilleur

Le mot de la présidente / Travailler ensemble pour bâtir un monde meilleur

Brenda Austin-Smith

Par Brenda Austin-Smith

L’assemblée du Conseil de l’ACPPU de novembre dernier s’est déroulée sous le thème Plus forts ensemble. Dès leur entrée dans la salle de réunion, les délégués pouvaient d’ailleurs voir l’image de cette devise exprimant notre engagement en faveur de la solidarité et notre foi dans la résilience. Inspiré par les moyens de pression exercés par nos collègues de l’Université du nord de la Colombie-Britannique, ce slogan de ralliement trouve un écho sans fin chez les militants. Il y a quelques semaines à peine, les membres de l’association du personnel académique de Mount Allison (MAFA) ont déclenché la grève pour la seconde fois en six ans, dans le but d’améliorer les conditions de travail du personnel académique contractuel ainsi que celles des employés réguliers de cet établissement. Et au moment où j’écris ces lignes, des milliers d’enseignantes et enseignants de l’Ontario intensifient leurs moyens de pression, protestant ainsi contre le refus du gouvernement provincial d’allouer des fonds suffisants à l’éducation publique.

De toute évidence, il apparaît plus urgent que jamais que nous fassions front commun au nom d’un mouvement syndical uni pour stopper les multiples attaques contre le secteur public. Répondre à ces attaques implique de déployer une action politique, en plus de négocier habilement.

Nous sommes certes nombreux à avoir déjà été confrontés à des administrations hostiles à la table de négociation, mais les luttes que nous y avons menées nous étaient familières et du moins théoriquement justes. Rien de tel maintenant. Les gouvernements provinciaux de l’Ontario, de l’Alberta, du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse s’appuient sur la loi pour restreindre le droit des travailleurs du secteur public de négocier leurs conditions de travail. Dans certains cas, la loi en question n’a pas besoin d’être promulguée pour avoir un effet dissuasif. Le projet de loi 100 n’a pas encore été adopté en Nouvelle-Écosse pas plus que le projet de loi 28 au Manitoba. En Alberta, le gouvernement s’est doté du pouvoir d’émettre des directives secrètes aux conseils des gouverneurs au sujet de la durée des conventions collectives ainsi que les questions financières.

Compte tenu de tous ces faits, nous nous trouvons au final à négocier plus ou moins directement avec les gouvernements provinciaux, nos administrations étant peu enclines à défendre les universités et les collèges publics qu’elles sont censées représenter et protéger. Ce qui est aussi évident, c’est que les gouvernements provinciaux à tendance conservatrice sont en train de mettre peu à peu en place un régime législatif pas très différent de celui dont un gouvernement fédéral de même tendance pourrait rêver.

Face aux atteintes portées contre nos droits collectifs, il peut être tentant de battre en retraite, de se replier sur soi et de s’assurer un minimum de protection et de confort, même pour une très courte durée, avant que les effets de ces changements hostiles nous atteignent. Mais ce n’est absolument pas la chose à faire. La meilleure voie à suivre est de travailler en solidarité avec le mouvement syndical en général, avec les étudiants, les parents et les gens de la communauté. Après tout, les attaques lancées contre la négociation collective libre et équitable dans le secteur public nous font du tort à tous, car nous sommes tous des membres du public et méritons des services de grande qualité qui répondent à nos besoins en tant que travailleurs, que parents et qu’étudiants.

L’ACPPU s’est engagée à respecter un modèle d’organisation dans toutes ses activités. Le modèle d’organisation du travail des associations vise à puiser dans le pouvoir politique des membres, à contribuer au perfectionnement des compétences des militants à toutes les étapes de la négociation et des communications jusqu’au lancement de campagnes et à la tenue de rassemblements et de manifestations. Le modèle d’organisation nous permet de faire le meilleur usage possible non seulement de nos propres organes collégiaux, tels les sénats et les conseils facultaires, mais aussi de nos relations profondes avec nos étudiants, nos communautés et d’autres groupes syndicaux qui partagent nos valeurs afin de se battre ensemble pour le bien public.

Le temps est venu de nous mettre en marche, unis au-delà des frontières qui menacent de nous diviser et de nous affaiblir. Nous sommes bel et bien plus forts ensemble et il nous faut maintenant appliquer cette devise.

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