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Entretien / Christine Overall

Entretien / Christine Overall

Christine Overall

Christine Overall est professeure émérite de philosophie et titulaire d’une chaire de recherche à l’Université Queen’s. Elle est lauréate de plusieurs prix d’enseignement de recherche en philosophie féministe, bioéthique et philosophie de la religion. Elle est l’auteure de six livres et a codirigé la rédaction de cinq ouvrages. Christine Overall a présenté la conférence annuelle Olivieri sur l’éthique médicale lors de la dernière assemblée printanière du Conseil de l’ACPPU. Le thème de sa conférence était Is Ageing Good? Increasing Life Spans and the Problem of Ageism.

« Nous vieillissons tous. Nous vieillissons à 10 ans, 20 ans, 30 ans. Vu sous cet angle, le vieillissement est une question existentielle, sur la valeur de la vie d’un être humain. Mais nous ne nous posons pas ce genre de questions à propos des autres périodes de la vie. L’enfance est-elle une bonne période? Qu’en est-il de l’adolescence? Du début de l’âge adulte? Nous n’abordons cette question qu’à l’égard du vieillissement et à mon avis, c’est très significatif. »

Pour illustrer son propos, la conférencière a fait référence au décès d’une amie proche, à l’âge de 63 ans seulement. Soudainement, a-t-elle expliqué, la réalité du vieillissement s’est imposée à elle avec une force particulière.

« Pour moi, vieillir, c’est devenir ou être âgé : quand on a 70-75 ans et plus. Pour déterminer si vieillir est une “bonne” chose, il faut prendre en compte des aspects personnels, des dimensions philosophiques et l’orientation des politiques sociales. Une étude de Statistique Canada révèle que l’espérance de vie a grimpé au cours des 100 dernières années. De 1921 à 2011 plus précisément, l’espérance de vie à la naissance est passée de 57 ans à presque 82 ans. Parallèlement, l’espérance de vie à des âges plus avancés a aussi augmenté. En 1921, une personne âgée de 55 ans pouvait s’attendre à vivre encore 25 ans et en 2011, 29 ans. »

Elle a signalé que Statistique Canada qualifie les 65 ans et plus de « personnes âgées ».

« Du fait de l’augmentation de la longévité, la catégorie des personnes âgées explose. Le recensement de 2016 a révélé que, pour la première fois, les personnes âgées étaient plus nombreuses que les jeunes de 14 ans et moins. En outre, la tranche des 65 ans et plus a fait un bond de 20 % de 2011 à 2016. La population de centenaires est celle qui a crû le plus rapidement pendant cette période. On prévoit que, d’ici 2031, près d’un Canadien sur quatre sera âgé de 65 ans et plus. »

Christine Overall a expliqué comment la société tend à avoir une vision stéréotypée des personnes vieillissantes, les percevant comme des fardeaux et à considérer leur importance numérique croissante comme un « problème ».

« On dit des personnes âgées qu’elles sont en conflit avec les jeunes, qu’elles monopolisent les emplois et les maisons au détriment d’autres membres de la société, qu’elles coûtent trop cher — elles accaparent les lits et les ressources, qu’elles sont dangereuses au volant et qu’elles sont des parasites sociaux… Il me semble que quoi qu’elles fassent, elles sont perdantes. Si une personne plus vieille occupe encore un emploi bien payé, elle enlève un emploi à une plus jeune, et dans le cas contraire, elle vit aux dépens de la société et peut être un fardeau. De tous les côtés, elle est dans une impasse et cette vision apocalyptique s’appelle de l’âgisme. »

Pour contrer ces stéréotypes, a dit la conférencière, il faut « souligner la contribution des personnes vieillissantes qui occupent un emploi rémunéré, qui prennent souvent soin des enfants, des petits-enfants, des conjoints et des amis. Nous savons que ces personnes sont des bénévoles très actives, des contribuables, des membres de la communauté et des citoyennes. Mais, en même temps, pour mériter notre respect, faut-il absolument que les personnes vieillissantes apportent une contribution importante à la société? »

« Une autre façon de voir les choses est de considérer les personnes vieillissantes comme les parents, les grands-parents, les enseignants, les mentors, les accompagnateurs, les collègues et les amis des personnes plus jeunes, a-t-elle ajouté. En d’autres termes, on commet une erreur morale quand on dresse les générations les unes contre les autres. Ce ne sont pas deux groupes complètement séparés. Nous formons tous une communauté, ou un ensemble de communautés. »

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