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Un rapport dénonce les difficultés du secteur de l’éducation et demande une stratégie nationale de toute urgence

(Ottawa – 16 février 2021) Les gouvernements fédéral et provinciaux doivent mettre les bouchées doubles pour régler les graves problèmes qui menacent l’éducation postsecondaire, explique une nouvelle coalition représentant plus d’un million d’étudiants et de travailleurs. Dans un rapport rendu public aujourd’hui, la coalition décrit les importantes difficultés auxquelles le secteur est confronté et fait valoir que pour répondre à la pandémie et assurer la reprise, il faut un vaste plan de renforcement de notre système d’éducation postsecondaire.

« La hausse des coûts de l’éducation, la croissance des inégalités et la stagnation des salaires empêcheront de plus en plus de Canadiennes et Canadiens d’avoir accès à l’éducation et à la formation, au moment même où le chômage et les déplacements économiques atteignent des sommets en raison de la pandémie », signale le rapport.

Le rapport fait aussi valoir l’énorme contribution de l’éducation postsecondaire à la vie sociale et à la santé économique du Canada et le fait qu’il constitue l’assise de notre avantage du savoir, tout en dénonçant les énormes difficultés qu’il affronte et qui nécessitent une intervention immédiate.

  • Le financement public représente actuellement moins de la moitié des revenus totaux des universités au Canada, ce qui force celles-ci à combler l’écart, souvent en exploitant à l’excès la source de revenus que représentent les étudiants étrangers.
  • Les droits de scolarité dépassent de loin la capacité de payer des étudiants : la moyenne canadienne des droits de scolarité des programmes de premier cycle a augmenté de 215 % depuis 1980 en tenant compte de l’inflation, et de 247 % pour les cycles supérieurs.
  • Depuis 2006, plus de la moitié du personnel académique engagé l’a été sur une base contractuelle, ce qui a aggravé la précarité et fait chuter les salaires.
  • Seulement 21 % des étudiants des Premières Nations admissibles reçoivent de l’aide financière pour faire des études postsecondaires.

La coalition L’éducation pour toutes et tous demande au gouvernement fédéral de travailler avec les provinces et les territoires pour trouver des solutions aux enjeux de coûts, de précarité, d’équité et d’accessibilité qu’affrontent l’ensemble des universités et collèges du pays.

L’éducation pour toutes et tous recommande :

  • d’augmenter le financement fédéral direct pour l’éducation postsecondaire par un transfert aux provinces d’au moins 3 milliards de dollars, en s’assurant que le financement suit la courbe de l’inflation et des inscriptions et est assujetti à des exigences de reddition de compte et de transparence;
  • d’éliminer l’intérêt sur les dettes d’études associées à un prêt fédéral, et d’augmenter le montant des bourses tout en réduisant graduellement les droits de scolarité en vue de les éliminer;
  • d’accroître la capacité de recherche du Canada, affaiblie par la pandémie, en augmentant le financement de la recherche et les bourses d’études supérieures;
  • d’élaborer une stratégie de renouvellement de la main-d’œuvre qui limite le recours du secteur à des emplois contractuels précaires, à la sous-traitance et à la privatisation.

Contact pour les médias : Lisa Keller, agente de communication, 613-222-3530; keller@caut.ca

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La campagne L’éducation pour toutes et tous est une initiative conjointe de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université, de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, du Syndicat canadien de la fonction publique, de l’Alliance de la Fonction publique du Canada, et du Syndicat national des employées et employés généraux et du secteur public. Globalement, ces organisations représentent plus d’un million d’étudiants et de travailleurs.

Citations

Brenda Austin-Smith, présidente de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université

« Les collèges et les universités sont des lieux où le savoir, l’innovation et le talent se cultivent et se développent. C’est également là que les chercheurs trouvent des solutions innovantes à des problèmes comme la COVID et le changement climatique. Or, des décennies de sous-financement ont mené à une augmentation du travail précaire au sein des établissements, notamment chez les membres du personnel académique. Les conditions de travail de nos membres sont les conditions d’apprentissage des étudiants. C’est pourquoi nous militons en faveur d’un système d’éducation secondaire sain qui pourra jouer son rôle central dans la reprise de l’économie après la pandémie. »

Nikki Brayiannis, vice-présidente de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants

« D’un océan à l’autre, les étudiants luttent solidairement pour un système d’éducation postsecondaire de grande qualité et abordable qui ne laisse personne pour compte. L’éducation pour toutes et tous est une occasion inégalée de bâtir tous ensemble, étudiants, travailleurs et professeurs, les ponts qui mèneront demain à une société plus équitable. »

Mark Hancock, président national du Syndicat canadien de la fonction publique

« Les 75 000 travailleurs du secteur de l’éducation postsecondaire que le SCFP représente savent que chaque emploi dans les universités et collèges contribue à une éducation de qualité supérieure, tant au sein du personnel académique, des services de restauration, du personnel administratif que du personnel d’entretien des immeubles. Nous avons vu les effets que la privatisation et les compressions budgétaires ont eus sur la qualité de l’éducation et la santé et la sécurité des étudiants et des travailleurs. C’est pourquoi nous sommes fiers de soutenir le principe d’une éducation pour toutes et tous, fondé sur un système d’éducation postsecondaire de qualité supérieure et financé par l’État. »

Chris Aylward, président national de l’Alliance de la Fonction publique du Canada

« Les travailleurs du secteur de l’éducation postsecondaire, comme les chercheurs et les stagiaires postdoctoraux, contribuent au développement économique du Canada et à sa capacité d’innover. Ils méritent des salaires équitables et des conditions de travail décentes, ce qui signifie que les universités et collèges doivent cesser de recourir aux emplois contractuels précaires, s’affranchir de l’influence du privé et délaisser la privatisation. C’est à des penseurs innovants que nous devons confier le soin de déterminer les priorités de la recherche et non à des actionnaires. »

Larry Brown, président du Syndicat national des employées et employés généraux et du secteur public

« Pour relever les défis d’aujourd’hui et nous assurer un avenir plus équitable et plus durable, nous avons besoin d’un système d’éducation postsecondaire de qualité supérieure et accessible. Nous avons plus que jamais besoin de nos collèges et universités, qui forment les travailleurs à qui seront confiés la conception, la construction et l’entretien des infrastructures vertes, la prestation de soins, notamment aux enfants et de longue durée, ainsi que tous les autres rôles qui contribuent au bon fonctionnement de notre société. »