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Webinaire de l'ACPPU - 25 juin

La réalité actuelle de l’équité

Lutter contre le racisme systémique dans les universités et les collèges

La sous-représentation des personnes racialisées et autochtones au sein du personnel académique, leur surreprésentation dans les emplois précaires, le profilage racial sur les campus et la discrimination dans les pratiques d’embauche et de promotion sont autant de manifestations de racisme dans les universités et collèges. Le webinaire de l’ACPPU sur le racisme systématique a fait ressortir à quel point nos universités et collèges peuvent faire mieux pour stopper la perpétuation des systèmes d’exclusion et a mis en lumière les moyens concrets que le personnel académique s’emploie à élaborer pour mettre fin au racisme et décoloniser les campus.

« La réalité est difficile à accepter, mais il y a des gens qui souffrent davantage de la façon dont notre société est organisée. Certes, la COVID-19 frappe sans discrimination mais elle met en évidence les inégalités et les structures du pouvoir existantes », fait valoir Frances Henry, professeure émérite à l’Université York, pionnière et chef de file en étude et recherche sur le racisme et l’anti­racisme.

Tous les panélistes ont insisté sur la nécessité de mener des actions collectives et de s’entourer d’alliés à l’écoute. « Il ne suffit pas de se doter de politiques, il importe d’assurer un leadership, d’adopter une attitude volontariste et d’entendre les gens qui vivent cette réalité, souligne le trésorier de l’ACPPU, Yalla Sangaré. Nous devons faire preuve de courage, monter au créneau et lutter pour l’équité, la diversité et l’inclusion, et trouver des solutions pratiques. »

Zaa Joseph, représentant du personnel académique autochtone au sein du Comité de l’équité de l’ACPPU, a évoqué la nécessité, pour le secteur postsecondaire, de créer un espace où les groupes en quête d’équité et les étudiants autochtones éprouveront un sentiment d’appartenance et où il est possible d’instaurer un véritable dialogue. « Nous minimisons notre propre traumatisme en le taisant », avance Zaa Joseph.

Selon Frances Henry, également coauteure de l’ouvrage The Equity Myth, la recherche montre que la volonté des dirigeants de nos établissements constitue la variable la plus importante dans la structure. « C’est la raison pour laquelle le comité de recrutement doit veiller scrupuleusement à l’engagement des futurs recteurs et rectrices à l’égard de l’équité, de la diversité et de l’inclusion », insiste-t-elle.

Yalla Sangaré appelle lui aussi les associations de personnel académique à faire mieux. « J’ai moi-même été engagé dans les activités de ma propre association. Nous avons mené des négociations sur les salaires, les pensions, les avantages sociaux et bien d’autres conditions de travail, mais nous nous sommes très peu consacrés à la défense de l’équité. Nous savons qu’une gamme de problèmes peuvent se poser tout au long du processus, allant de la présélection des candidats au manque de soutien une fois qu’une personne est embauchée, et aussi à l’octroi d’une promotion et de la permanence. Il nous faut prendre conscience qu’une injustice contre une personne est une injustice contre tous. »

La professeure Amélie Hien de l’Université Laurentienne, également membre du Comité des francophones de l’ACPPU, constate que la question du racisme systémique est parfois conflictuelle entre certains collègues. « Mais force nous est de reconnaître que des lacunes existent dans certains systèmes, textes de loi et politiques et que certaines formes de racisme et d’inégalités sont plus subtiles. »

Selon Samira Belyazid, professeure à l’Université de Moncton et membre du Comité de l’équité de l’ACPPU, les choses ont beau s’être améliorées ces 30 dernières années, il n’en demeure pas moins que nous devons agir immédiatement. « Les professeurs et les étudiants sont encore nombreux à être victimes bien souvent de racisme. Nos étudiants sont plus courageux que nous, et ils n’hésitent pas à dénoncer la situation publiquement. »