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Entretien / Kirsty Duncan

Entretien / Kirsty Duncan

Ministère de l'Innovation / Sciences et Développement économique / Gouvernement du Canada

Dans votre parcours universitaire puis politique, vous avez été une ardente partisane des décisions publiques fondées sur des données probantes. Comment faire une plus grande place à la pensée scientifique dans le domaine public sans politiser la science?

À titre de ministre des Sciences, je suis fière de faire partie d’un gouvernement qui reconnaît vraiment la science et son rôle essentiel dans une économie propre et prospère. Notre gouvernement comprend que la science peut l’aider à élaborer des politiques judicieuses pour l’économie, l’en­vironnement, la santé, l’industrie et la société. Il a déjà démontré son engagement à l’égard de la science en rétablissant le formulaire long obligatoire, en redonnant aux sci­entifiques fédéraux la liberté de s’exprimer sur leurs travaux et en utilisant des analyses scientifiques pour éclairer ses décisions. Je me suis aussi engagée à créer un poste de conseiller scientifique en chef chargé de bien informer le gouvernement sur des enjeux capitaux d’intérêt scientifique. J’ai mené de larges consultations auprès de parties prenantes et de parle­men­taires sur la meilleure façon d’établir ce poste, qui his­sera la science aux plus hauts niveaux de décision.

Quelles autres mesures de soutien à la science fondamentale envisagez-vous?

En juin, j’ai confié à un groupe d’experts indépendants le mandat de mener un examen exhaustif pour s’assurer que le soutien fédéral à la recherche fondamentale est stratégique, efficace et axé d’abord sur les besoins des scientifiques. David Naylor, ancien recteur de l’Université de Toronto, présidera le groupe formé de neuf éminents chercheurs, dont Art McDonald, dernier récipiendaire canadien d’un prix Nobel; Martha Piper, ancienne rectrice de l’UBC; et Anne Wilson, une chercheuse prometteuse de l’Université Wilfrid-Laurier.

Quels seront l’étendue et les objectifs de cet examen?

Sans des efforts constants pour nous améliorer, nous serons vite laissés pour compte par une économie mondiale trépidante. Dans la dernière décennie, le Canada a malheureusement reculé dans le classement inter- national pour le financement de la recherche. Les programmes fédéraux en place pour soutenir la recherche fondamentale sont louables à bien des égards; toutefois, l’écosystème de la recherche a évolué et il est temps de revoir tous les mécanismes. Les Canadiens s’attendent à ce que le financement de la recherche soit stratégique, efficace et axé d’abord sur les besoins des scientifiques, et qu’il leur rapporte aussi. L’examen évaluera donc les programmes actuels de soutien à la science et aux scientifiques du Canada. Il s’étendra aux trois conseils subventionnaires et à plusieurs organismes financés par l’État, comme la Fondation canadienne pour l’inno- vation. Nous demandons aux chercheurs, à la communauté académique et à tous les Canadiens de nous indiquer les changements nécessaires pour combler les lacunes, le cas éché­ant, du soutien fédéral à la science fon- damentale et permettre au Canada de relever les nouveaux défis en matière de recherche.

Malgré les progrès des dernières années, les femmes et les minorités visibles demeurent sous-représentées dans les communautés académique et scientifique. Que peut faire le gouvernement pour qu’elles aient plus de possibilités d’avancement?

Notre gouvernement prône l’égalité et la diversité. En fait, nous pensons que la diversité est notre force principale. En tant qu’ex-scientifique et femme, je tente toujours de lever les obstacles à l’accès des femmes aux études supérieures et aux carrières scientifiques, qui sont encore bien présents. Je veux travailler à augmenter le nombre de femmes et d’autres groupes sous-représentés dans les sciences, la technologie, le génie et les mathématiques. J’encourage aussi le milieu de l’éducation postsecondaire à améliorer la représentation des femmes au sein des effectifs aca­démiques, mais aussi des administrations des universités. Je considère qu’une de mes fonctions est d’inciter les chercheurs de premier plan, les étudiants et les dirigeants d’établissement à accroître la participation des femmes en science à tous les niveaux. Je fais preuve de leadership sur la scène internationale sur cette question, que j’ai d’ailleurs abordée plus tôt cette année avec les ministres des sciences du G7. L’avenir du Canada dépend de notre capacité à innover et à faire des découvertes, et c’est assurément là où la diversité des voix peut le plus changer la donne.

Est-ce également l’une des raisons pour lesquelles vous avez rétabli le Système d’information sur le personnel d’enseignement dans les universités et les collèges?

Le rétablissement de cette enquête est crucial à l’obtention d’un portrait juste de la communauté des chercheurs universitaires et du corps professoral au Canada. Dès que nous aurons une meilleure idée de la composition de la communauté de la recherche au Canada, nous serons en me­sure de collaborer de façon concrète avec les universités, afin que le personnel d’enseignement qu’elles recrutent reflète bien la diversité canadienne. Après tout, la diversité constitue la force du Canada.

De nombreux jeunes membres de l’ACPPU sont préoccupés par la baisse des taux d’obtention de subventions de recherche en début de carrière. Pourrions-nous faire plus pour la relève?

Il est très important pour moi que les chercheurs en début de carrière aient le soutien et les outils dont ils ont besoin. J’entends soutenir tous les scientifiques et maintenir un écosystème scientifique carburant à l’excellence, qui stimule la créativité et favorise l’épanouissement des nouveaux talents. Dans le budget 2016, nous avons reconnu la nécessité d’injecter plus de fonds non liés pour renforcer la capacité et l’excellence en recherche. Nous verserons ainsi aux conseils subventionnaires 95 millions de dollars de plus par an.

Ces dernières années, le gouvernement fédéral a encouragé les collaborations entre les chercheurs académiques et l’industrie. Y a-t-il un risque que cela compromette l’intégrité et l’indépendance de la recherche académique?

Je comprends que nos chercheurs doivent être libres de pousser leurs travaux dans leur discipline et je respecte cela. Je me suis battue pour que le supplément de 95 millions de dollars prévu dans le budget fédéral pour les conseils subventionnaires ne soit pas lié à des domaines de recherche. Grâce aux investissements en re­cherche universitaire de ces conseils, les chercheurs pourront poursuivre leurs travaux en toute indépendance et strictement dans l’optique de la découverte. Les découvertes produisent si souvent une réaction à la chaîne : de nouveaux produits et services sont créés, nos petites et moyennes entreprises les commercialisent et les Canadiens récoltent alors les fruits de la recherche scientifique. Mais il y a plus : les collabo­rations entre les chercheurs et l’industrie peuvent générer des occasions de formation dans lesquelles les étudiants font le lien entre la théorie et la pratique. Les universités sont des lieux où étudiants, chercheurs, administrateurs et membres de la communauté sont invités à participer ensemble à l’avancement des connaissances, car ce sont elles qui nous fourniront les informations nécessaires pour prendre des décisions au profit des Canadiens dans les années à venir.

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