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Collaboration entre étudiant.e.s et corps enseignant au sujet d’une garderie : Université de Saint-Boniface

C’est au début des années 1980 qu’on a commencé à proposer la création d’une garderie sur le campus de l’Université de Saint-Boniface. Cependant, le plus récent chapitre de cette histoire ­– un immense succès en matière de défense des intérêts – a commencé par une présentation devant l’assemblée des gouverneurs en 2015. En dépit du fait que de nombreuses autres institutions postsecondaires jouissaient déjà d’une garderie, l’assemblée et le recteur de l’époque n’ont pas retenu cette suggestion, jugeant qu’il ne s’agissait pas d’une priorité.     

Lorsque le professeur en travail social David Alper a pris connaissance du refus de la proposition par l’assemblée, il a suggéré à ses étudiant.e.s d’essayer d’organiser une campagne pour faire changer la décision de l’université. Une coalition mettant en cause le syndicat étudiant, l’Association des professeur.e.s et professionnel.le.s de l’Université de Saint-Boniface – section locale 148 du MGEU (Manitoba Governement and General Employee’s Union), des organismes communautaires francophones et différent.e.s élu.e.s s’est mobilisée pour promouvoir la mise sur pied d’un service de garde.

En 2018, le syndicat étudiant a tenu un référendum afin de demander aux membres s’ils acceptaient qu’un montant de 750 000 $ provenant d’un fonds de réserve soit investi dans le projet­ – et la proposition fut acceptée. Un an plus tard, Mélanie Joly, alors ministre du Patrimoine canadien au sein du gouvernement fédéral, approuvait une subvention de 2,1 millions de dollars. « C’est la plus importante et la plus fructueuse des campagnes auxquelles j’ai participé », a déclaré David Alper, en soulignant que les efforts déployés concernaient non seulement la mise sur pied de la coalition, mais aussi la sensibilisation du public et l’élaboration d’une efficace stratégie de communication.  Pendant la campagne, le syndicat étudiant a posé une affiche près du bureau du recteur récalcitrant qui disait : « Soyez réaliste, demandez l’impossible ».

Il ajoute : « La plupart du travail a été effectué par les étudiant.e.s en travail social ». 

David Alper affirme également que la garderie capable d’accueillir 80 enfants et qui a ouvert ses portes à l’été 2021, permettra un meilleur accès à l’éducation supérieure en offrant des places subventionnées aux étudiant.e.s moins fortuné.e.s ainsi qu’au personnel académique à temps partiel. En effet, le coût élevé des garderies hors campus peut constituer une barrière économique pour eux.

Quant aux associations de personnel académique qui souhaitent améliorer l’équité et la justice sociale dans leurs établissements, David Alper affirme que les membres du personnel à temps plein devraient être conscients de leur privilège et profiter du pouvoir qu’ils détiennent pour promouvoir des initiatives telles que l’implantation de services de garde. Il ajoute que les associations devraient travailler à la création de coalitions avec les étudiant.e.s, et même avec des personnes ou des organismes hors campus. Ces efforts de sensibilisation et d’organisation ont porté leurs fruits. « Les gens de la communauté nous ont apporté un extraordinaire soutien. »