(Ottawa, le 31 janvier 2011) Un comité indépendant chargé par l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) d’enquêter sur la saisie des dossiers de recherche de deux professeurs cliniciens de l’Université d’Ottawa a publié un rapport provisoire dans lequel il reconnaît ces derniers innocents de tout comportement fautif.
Le 23 mars 2005, des dirigeants de l’Hôpital Royal Ottawa (HRO) et de l’Institut de recherche en santé mentale (IRSM) sont entrés dans le bureau de la Dre Duffy, sans préavis et sans donner aucune justification, pour y saisir et copier ses dossiers de recherche, données cliniques, fichiers informatiques et documents personnels.
La Dre Duffy et son collègue le Dr Paul Grof avaient entrepris une étude psychiatrique à long terme avec des sujets humains. Peu de temps après la saisie et la copie des dossiers, les administrations de l’HRO et de l’IRSM ont accusé les Drs Duffy et Grof d’avoir enfreint les lignes directrices sur l’éthique de la recherche en ayant omis entre autres d’obtenir le consentement éclairé des sujets d’étude.
Cependant, après avoir examiné la documentation pertinente et interrogé des participants à la recherche, le comité d’enquête a constaté que, compte tenu de la longue durée sur laquelle s’étale l’étude, il est impossible de vérifier avec certitude si tous les sujets de la recherche ont signé ou non un formulaire de consentement.
« Ce qui est vérifiable, en revanche, c’est si les sujets savaient qu’ils participaient à la recherche et s’ils comprenaient bien la nature de celle-ci. Ce qui a semblé être de toute évidence le cas de tous les sujets que nous avons interviewés », établit le comité dans son rapport provisoire.
Il étoffe sa conclusion par les observations suivantes : « Les sujets interviewés ont tous dit comprendre parfaitement la nature et l’objectif de la recherche à laquelle ils prenaient part. Ils ont aussi dit avoir pleinement confiance en l’intégrité de la Dre Duffy et saisir la pleine importance de la recherche qu’elle menait. »
Le comité observe par ailleurs que, compte tenu de la procédure suivie pour saisir les dossiers de recherche ainsi que des disparités manifestes entre les copies de documents et les fichiers de recherche originaux, il n’est pas judicieux de tirer de quelconques conclusions sur les raisons pour lesquelles il manquerait des formulaires de consentement.
D’après les résultats de son examen, le comité rejette comme non fondées les allégations selon lesquelles les Drs Duffy et Grof auraient sérieusement enfreint les normes d’éthique de la recherche ou les bonnes pratiques cliniques.