Association canadienne des professeures et professeurs d'université

 

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Pendant que la dette étudiante dépasse les 15 milliards de dollars, les frais de scolarité continuent d'augmenter

Plus de 90 % des étudiants universitaires devront payer des frais de scolarité plus élevés cet automne, selon un rapport diffusé le 16 septembre par Statistique Canada. Ce constat fait suite à la nouvelle selon laquelle le gouvernement du Canada s’attend à ce que la dette étudiante fédérale dépasse les 15 milliards de dollars.

« Le Canada s’apprête à mettre toute une génération au bord de la faillite », affirme David Molenhuis, président national de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCEE). « Le sous-financement de la part du gouvernement fait que les étudiants et leurs familles sont obligés d'assumer la facture pour les universités du Canada. »

Selon le rapport, les étudiants de premier cycle ont payé en moyenne 5 138 $ en frais de scolarité, soit une hausse de 4 % comparativement à l’année scolaire précédente. Quant aux étudiants des deuxième et troisième cycles, ils ont payé cette année 6,6 % de plus, soit 5 182 $ en moyenne. À titre de comparaison, le taux d’inflation a enregistré une hausse de 1,8 % seulement entre juillet 2009 et juillet 2010.

Les frais de scolarité constituent actuellement la plus importante dépense pour la plupart des étudiants des collèges et universités, et ils augmentent plus vite que tous les autres coûts auxquels les étudiants doivent faire face, et beaucoup plus vite que l’inflation.

« Le maintien d’une forte économie dépend d’une main-d'œuvre très instruite », ajoute David Molenhuis. « L’absence d’une vision nationale pour l’éducation postsecondaire oblige le Canada à composer avec un ensemble disparate de politiques. Ce n’est certes pas la façon de mettre en œuvre un programme d’enseignement supérieur. »

La FCEE et l’ACPPU ne cessent de réclamer l’adoption d’une loi fédérale sur l’éducation postsecondaire qui régirait le transfert des fonds aux provinces au titre de l’enseignement postsecondaire, assurerait la responsabilisation et créerait des normes nationales de qualité et d’accessibilité pour les universités et les collèges du Canada.