Pour diffusion immédiate(Ottawa, le 10 juin 2009) L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU), porte-parole de plus de 65 000 membres du personnel académique et autres employés en poste dans 121 collèges et universités du Canada, réclame la démission du ministre d’État aux Sciences et à la Technologie, Gary Goodyear, à la suite de la tentative sans précédent de ce dernier d’intervenir dans la décision de financement d’une importante conférence universitaire.
L’ACPPU a appris que le ministre Goodyear a téléphoné au président du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada pour lui demander de reconsidérer la décision, pourtant avalisée par des pairs, de financer la conférence intitulée « Israel/Palestine: Mapping models of statehood and prospects for peace » qui doit avoir lieu à l’Université York plus tard ce mois-ci.
« Il est inouï qu’un ministre – et a fortiori un ministre dont le ministère est responsable du financement des conseils subventionnaires – intervienne personnellement auprès du président de l’un de ces organismes afin que celui-ci réexamine les fonds affectés à une conférence universitaire », s’indigne le directeur général de l’ACPPU, James Turk. « Une telle ingérence politique directe dans une décision de financement prise dans le cadre d'un processus indépendant d'évaluation par des pairs est inacceptable et crée un très dangereux précédent. »
Dans les sociétés démocratiques, rappelle James Turk, les universités ont notamment pour rôle de donner une place au débat libre et sans restriction des questions controversées.
« Qu’un ministre intervienne, au nom de groupes d’intérêts, pour faire échouer la tenue d’une conférence universitaire est tout simplement inacceptable, sans compter que cela compromet l’intégrité de la mission de service public des universités », ajoute-t-il.
« C’est précisément ce qui s’est produit en l’occurrence. Lorsque le ministre responsable du financement des conseils subventionnaires appelle le président de l’un de ces organismes pour lui demander de reconsidérer une décision de financement, il n’y a pas d’équivoque possible. »
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