(Le 6 janvier 2009) L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) se joint à d’autres organisations de la communauté internationale pour appeler à un arrêt immédiat de l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza qui a causé de nombreux morts et blessés dans la population civile palestinienne.
L’ACPPU condamne les attaques à la roquette lancées par le Hamas contre des cibles civiles israéliennes en violation de l’accord de cessez-le-feu. Elle juge cependant que la réponse militaire de l’État hébreu est disproportionnée par rapport aux menaces auxquelles il est confronté. Il est capital que les deux parties acceptent et observent un cessez-le-feu immédiat et qu’Israël ouvre les frontières avec Gaza pour y laisser entrer l’aide humanitaire.
L’ACPPU est particulièrement inquiète de la destruction des infrastructures civiles et des établissements d’enseignement dans Gaza. Le 27 décembre, Human Rights Watch a rapporté que huit étudiants avaient été tués et 19 autres blessés lors d’une frappe de missile air-sol de l’armée israélienne à leur sortie du collège de Gaza, adjacent au quartier général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), dans le centre-ville de Gaza. Deux jours plus tard, le 29 décembre, Israël a bombardé l’Université islamique de Gaza, détruisant les laboratoires de sciences et détruisant ou endommageant d’autres portions de bâtiments, dont la bibliothèque. Bien qu’Israël ait fait valoir que les bâtiments ciblés étaient utilisés « comme centre de recherche et de développement pour les armes du Hamas », les responsables de l’université islamique ont contesté cette allégation et, selon l’édition du 1er janvier 2009 du
New York Times, Israël n’a produit aucune preuve à l’appui de cet argument. Le 3 janvier, les frappes aériennes israéliennes ont détruit l’école internationale américaine et, le 6 janvier, des obus d’artillerie israéliens tombés à l’extérieur d’une école de Gaza gérée par l’ONU ont fait 30 morts et 55 blessés.
Ces dernières attaques contre des étudiants et des établissements d’enseignement palestiniens suscitent de nouvelles interrogations sur la violation persistante des droits académiques. Les étudiants palestiniens sont privés de leur droit d’étudier, non seulement en Cisjordanie et à Gaza, mais aussi dans les universités à l’étranger, comme l’a récemment démontré le gouvernement israélien en refusant aux étudiants palestiniens titulaires d’une prestigieuse bourse Fulbright l’autorisation de se rendre aux États-Unis. Les étudiants d’université vivant à Gaza ne sont pas autorisés à quitter leur territoire pour assister à leurs cours dans des universités étrangères, et encore moins à l’Université Birzeit en Cisjordanie. Quant aux étudiants de la Cisjordanie, ils parviennent très difficilement à se rendre en classe à cause de la multitude de barrages et de contrôles routiers qu’ils doivent franchir. Le gouvernement d’Israël doit mettre fin à ces pratiques et respecter le droit à l’éducation garanti par les conventions internationales.
L’ACPPU appelle le gouvernement canadien à prendre toutes les mesures possibles pour faire intervenir un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et faire clairement savoir au gouvernement israélien que l’offensive militaire généralisée dans ce territoire est inacceptable et qu’elle ne sert d’aucune façon à promouvoir la paix dans la région.
L’ACPPU a également répondu à l’appel d’aide lancé par l’ONG
Physicians for Human Rights-Israel afin de rendre disponibles des fournitures médicales essentielles pour soigner les personnes gravement blessées à Gaza. Aux prises avec un système médical déjà sur le bord de l’effondrement en raison de la fermeture continue des frontières, les équipes médicales et infirmières palestiniennes doivent traiter des milliers de blessés dans des conditions intolérables. Elles sont contraintes de pratiquer des chirurgies sans gants, ni anesthésique local ou général, ni équipement stérilisé, et elles sont incapables de dispenser des soins médicaux de base aux patients atteints de cancer, de troubles cardiaques ou d’autres affections chroniques graves qui ont dû laisser leur place dans les hôpitaux aux civils blessés lors des dernières attaques militaires.
La fondation indépendante et sans but lucratif Physicians for Human Rights-Israel, qui a pour vocation de promouvoir et de défendre les droits à la santé de tous les résidents d’Israël et des territoires occupés, recueille des fonds pour financer l’achat de fournitures et leur acheminement direct vers les hôpitaux de Gaza.
L’ACPPU a versé un don à cet organisme, et elle invite toutes et tous à faire de même. Pour en savoir davantage sur Physicians for Human Rights-Israel, rendez-vous sur leur
site web.