(Le 2 mars 2009) Le groupe représentant les chercheurs et scientifiques universitaires dans tout le pays intensifie ses appels auprès du gouvernement fédéral pour qu’il investisse dans la recherche en accroissant le financement des organismes subventionnaires du Canada et qu’il laisse aux scientifiques, et non pas aux dirigeants politiques, le soin de décider de l’affectation des fonds de recherche.
L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) a adressé en février une
lettre ouverte au premier ministre Harper pour le mettre en garde contre les conséquences du sous-financement des activités de recherche fondamentale soutenues par l’entremise des organismes subventionnaires, et aussi contre les dangers des mesures prises par le gouvernement pour tenter d’orienter la recherche. Depuis lors, les informations se sont faites plus précises quant aux programmes en péril ou sur le point d’être éliminés, et les scientifiques sont de plus en plus nombreux à dénoncer les politiques du gouvernement.
« L’un des dangers immédiats est que bon nombre de nos plus grands chercheurs pourraient quitter le pays en raison de l’insuffisance des fonds et du recours de plus en plus marqué du gouvernement à des pratiques de micro-gestion », a expliqué le directeur général de l’ACPPU, James Turk. « Nous avons écrit au premier ministre Harper pour lui présenter des propositions constructives sur les moyens à prendre pour corriger le problème. Nous espérons qu’il en tiendra sérieusement compte. »
L’ACPPU demande instamment au gouvernement fédéral de prendre les mesures suivantes :
- Accroître les fonds de recherche fondamentale versés aux trois organismes subventionnaires du Canada pour les deux prochaines années, de sorte qu’ils correspondent, toutes proportions gardées, à ceux que le gouvernement Obama octroie désormais aux organismes américains équivalents. Compte tenu de la taille relative de l’économie canadienne, il s’agirait d’une augmentation de l’ordre de un milliard de dollars.
- Faire en sorte que les programmes financés et les bourses accordées par les organismes subventionnaires ne soient pas limités à des domaines précis et que l’évaluation des candidatures soit faite par la communauté scientifique.
- Veiller à ce que les projets d’infrastructure financés par l’intermédiaire de la Fondation canadienne pour l’innovation ou de l’initiative de soutien de l’infrastructure universitaire et collégiale soient également jugés en fonction de leur intérêt scientifique par la communauté scientifique.
L’ACPPU représente plus de 65 000 membres du personnel académique et autres employés en poste dans 121 collèges et universités du Canada.