(Ottawa, le 17 octobre 2012) – L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université dénonce la décision du gouvernement fédéral de remplacer le Musée canadien des civilisations par un nouveau Musée canadien de l’histoire.
Hier, le ministre du Patrimoine, James Moore, a annoncé que le nom et le mandat du Musée canadien des civilisations seraient changés pour créer le Musée canadien de l’histoire. Le nouveau musée nécessitera un investissement de 25 millions $ puisé à même le budget d’autres secteurs du ministère.
« Cette décision est une erreur, a déclaré James L. Turk, directeur général de l’ACPPU. Elle élimine inutilement le plus grand et populaire musée du Canada. Des sections du musée actuel seront intégrées dans le nouveau musée canadien de l’histoire, mais d’autres, comme l’immense salle du Canada qui présente l’exposition d’histoire sociale la plus vaste et remarquable au monde, ne le seront pas. »
Selon M. Turk, le gouvernement avait plusieurs lieux à sa disposition dans la région de la capitale nationale où établir le nouveau musée. Il n’a pas à fermer le Musée canadien des civilisations dont le mandat est d’accroître, dans l’ensemble du Canada et à l’étranger, la compréhension critique de même que la connaissance et le degré d’appréciation à l’égard des réalisations culturelles de l’humanité.
« Voilà un gouvernement qui a déjà miné la capacité des Canadiens à connaître leur passé, notamment en imposant de lourdes compressions budgétaires à Bibliothèque et Archives Canada, responsable d’acquérir et de préserver le patrimoine culturel du Canada, et à Parcs Canada, chargé d’assurer la pérennité de 167 sites historiques canadiens », a ajouté M. Turk.
M. Turk s’est aussi dit préoccupé par la révision de l’histoire canadienne que fait le gouvernement fédéral en fonction de son programme idéologique, comme la réécriture du guide d’étude sur la citoyenneté destiné aux immigrants en 2010, et sa présentation trompeuse de la Guerre de 1812.
« Le Musée canadien des civilisations est un trésor national et international respecté dans le monde, qui attire plus de 1,2 million de visiteurs par année. Il doit rester, a affirmé M. Turk. Si le gouvernement tient réellement à mettre en valeur l’histoire du Canada, il devrait rétablir le financement de Bibliothèque et Archives Canada, renouveler son appui aux archives régionales et locales, et restaurer le budget pour la protection et l’amélioration des sites historiques du Canada. Après quoi, il pourrait envisager la création d’un musée de l’histoire, doté d’un conseil d’administration totalement indépendant qui veillera à ce que l’établissement ne devienne pas un véhicule de la propagande gouvernementale. »