L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) se joint à la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université pour exprimer son appui aux étudiants du Québec qui manifestent ces jours-ci leur opposition à la hausse des droits de scolarité annoncée par le gouvernement Charest. L’ACPPU déplore également le recours trop fréquent à l’usage excessif de la force contre les manifestants étudiants.
Certes, les universités québécoises souffrent d’un manque de financement, mais la résolution efficace de ce problème ne passe pas par une augmentation du fardeau financier des étudiants et de leurs familles. L’ACPPU prend position pour le maintien de droits de scolarité les plus bas possible avec, pour objectif, la gratuité de l’enseignement universitaire, et ce, pour plusieurs raisons.
Une politique de droits de scolarité élevés freine l’accès des étudiants peu fortunés à l’éducation postsecondaire. La motivation et la capacité d’entreprendre des études postsecondaires devraient être les seuls critères d’accès à l’éducation postsecondaire; l’aisance financière de la famille ou sa volonté d’assumer de lourdes dettes ne devraient pas entrer en ligne de compte. Les diplômés des collèges et des universités paient plus d’impôts, car ils ont un revenu plus élevé, de sorte qu’en moyenne, ils compensent largement le coût plus bas de leur éducation.
Il peut être encore plus important de reconnaître, comme on l’a fait pour l’éducation élémentaire et secondaire, que l’éducation postsecondaire profite autant aux personnes qu’à la société en général. En tant que société, nous bénéficions des services des médecins, des ingénieurs, des bibliothécaires, des infirmières et d’autres professionnels et employés instruits. Les coûts des services de santé, des services sociaux et de l’aide sociale sont directement proportionnels au niveau d’instruction de la population. Et sur le plan culturel, les avantages sont multiples.
Les étudiants québécois en sont bien conscients et prennent la parole. Nous les appuyons. Tout comme nous soutenons les nombreux intervenants dans le milieu de l’enseignement postsecondaire au Québec qui réclament un financement public suffisant pour les universités et les collèges. C’est dans les périodes de difficultés économiques, comme celle que nous vivons aujourd’hui, qu’une société montre ses véritables valeurs. On peut regretter que, ces dernières années, les gouvernements fédéraux et provinciaux aient été trop nombreux à privilégier un allégement de la fiscalité des entreprises et des personnes mieux nanties, au détriment de l’éducation, de la santé et du bien-être collectif.
Le Canada est un pays riche. Les étudiants du Québec nous rappellent quelles devraient être nos priorités.