Association canadienne des professeures et professeurs d'université

 

Enjeux et campagnes
Déclaration de l’ACPPU sur la Journée internationale de la femme

Il y a cent ans, les femmes marchaient dans les rues Nord-Américaines et européennes pour demander de meilleurs salaires et des conditions de travail plus sûres. En s’unissant et en s’alliant avec d’autres personnes qui partagent le même désir d’équité,  les Canadiennes ont travaillé pour la justice et l’égalité.

L’ACPPU demande depuis longtemps à nos employeurs et à nos gouvernements fédéral et provinciaux d’éliminer les obstacles à l’égalité des femmes et de protéger les personnes les plus vulnérables. Pourtant, les inégalités de salaire, le harcèlement, la discrimination et l’insécurité des campus continuent de déterminer au Canada les expériences des femmes – dans toute leur diversité – et les lieux dans lesquels elles travaillent et apprennent. 

Le gouvernement fédéral ne s’est pas révélé un allié.  Ceux et celles qui défendent les plus vulnérables et expriment des opinions dérangeantes sont devenus la cible de menaces et d’intimidation. Le non-renouvellement de fonds à certains organismes a réduit au silence de nombreux ardents promoteurs des droits et de l’égalité des femmes au Canada.  À ce jour, le gouvernement fédéral a interrompu le financement de plus de 70 organismes de justice sociale – dont une quarantaine donnait une tribune aux femmes et aux expériences qu’elles vivent.

Simultanément, bon nombre d’employeurs parlent le langage de l’inclusion et de la diversité sur nos campus, sans toutefois remédier aux inégalités qui persistent à un moment où de plus en plus de membres de groupes marginalisés fréquentent le milieu académique.  

Nous devons redoubler nos efforts pour mettre fin à l’inégalité entre les sexes, car nous n’avons pas encore obtenu les protections, les programmes et les remèdes nécessaires malgré nos pressions auprès de nos gouvernements et de nos employeurs.  En ce jour de la Journée internationale de la femme, l’ACPPU encourage ses membres à jouer un rôle actif dans l’élimination des obstacles qui empêchent les femmes de participer pleinement à nos associations de personnel académique, à leur vie professionnelle, que ce soit sur nos campus et dans la société en général. 

Le 8 mars, nous nous souvenons

… que des centaines de femmes autochtones sont disparues et assassinées

… que le Canada n’offre toujours pas de programme national de garderies et que la Prestation universelle pour la garde d’enfants ne couvre que deux jours de garderie par mois

… que les femmes sont toujours sous-représentées dans de nombreuses disciplines et à des postes plus élevés dans la profession malgré l’existence de programmes et de politiques en faveur de l’égalité

… que les centres de recherche nationaux ont tendance à privilégier la commercialisation de recherches qui touchent différemment les universitaires enseignant dans les arts et les sciences humanitaires, disciplines dans lesquelles les femmes sont majoritaires

… qu’un peu plus de 15 p. 100 des Canadiennes ont une incapacité qui les empêche de participer pleinement à la société

… que de nombreux membres de la communauté académique sont confrontés tous les jours au racisme, à l’homophobie, à la transphobie, à l’hétérosexisme et à la discrimination fondée sur la capacité physique et au sexisme

… que les pressions exercées pour déprofessionaliser les fonctions des bibliothécaires universitaires et éliminer les services de bibliothèque touchent particulièrement les femmes

… que des agressions sexuelles se produisent encore sur les campus