(Le lundi 6 juin 2011) – L’organisme chargé de représenter plus de 66 000 membres du personnel académique en poste dans 124 universités et collèges au Canada se dit déçu que le gouvernement ne tienne aucun compte, comme dans son budget de mars 2011, des sérieux problèmes auxquels est confronté le secteur de l’éducation postsecondaire et de la recherche.
« Le gouvernement Harper fait fi du fardeau alourdissant de la dette étudiante et des frais de scolarité et ne fournit pas un financement adéquat à la recherche scientifique », a déclaré le directeur général de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU), James Turk.
Si ce dernier reconnaît que les engagements pris de financer Génome Canada, les sciences du climat et le Programme des coûts indirects à l’appui de la recherche universitaire constituent des pas dans la bonne direction, il déplore néanmoins l’insuffisance criante de nouveaux fonds alloués aux trois conseils subventionnaires qui s’occupent de financer la plus grande partie de la recherche fondamentale capitale au Canada.
« L’augmentation des crédits budgétaires accordés suffira à peine à couvrir l’inflation, encore moins à rétablir les compressions opérées dans le budget de 2009 », souligne James Turk.
Selon lui, la décision de ne pas engager les investissements nécessaires dans l’éducation postsecondaire et la recherche aura des conséquences à long terme sur la santé sociale et économique du pays.
« Dans ce budget, le gouvernement fédéral fait la preuve qu’il ne s’attaque pas aux vraies priorités. C’est en investissant dans l’éducation, non pas dans les prisons, que l’on construit une meilleure société. »
L’ACPPU est préoccupée, réitère James Turk, de voir le gouvernement continuer, par choix politiques, d’accorder une masse considérable de nouveaux de fonds de recherche à des centres tels que l’Institut Perimeter et le Regional Research Institute de Thunder Bay, sans passer par les conseils subventionnaires.
« L’histoire des progrès scientifiques démontre que les scientifiques eux-mêmes sont les mieux placés pour établir les priorités de recherche, et non pas les politiciens ni d’autres groupes d’intérêts spéciaux », ajoute-t-il.